« L’hôpital public s’écroule », alertent 70 directeurs médicaux de l’AP-HP dans une tribune

« Nous ne sommes plus en mesure d’assurer nos missions dans de bonnes conditions de qualité et de sécurité des soins », préviennent ces directeurs médicaux de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), dans une tribune publiée mercredi par « Le Monde ». 

Lhôpital public sécroule alertent  directeurs médicaux de lAP HP dans une tribune

L’hôpital public « s’écroule », selon leurs mots. Dans une tribune publiée par Le Monde, mercredi 13 novembre, 70 directeurs médicaux de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) appellent à augmenter le budget alloué à la santé et à revaloriser les salaires des soignants. Ils redoutent, disent-ils, un « point de rupture irréversible ».

« Nous vous alertons car (…) nous ne sommes plus en mesure d’assurer nos missions dans de bonnes conditions de qualité et de sécurité des soins », s’alarment les signataires, à la tête des départements médico-universitaires (DMU) récemment créés à l’AP-HP. La publication de cette tribune intervient à la veille d’une journée de mobilisation pour « sauver l’hôpital public ».

Des centaines de lits d’hospitalisation de médecine et de chirurgie, des dizaines de salles d’opération à l’hôpital public fermées, et chaque semaine des unités de soin ferment. Les conséquences : des conditions d’accès aux soins dégradées, la qualité et la sécurité des soins sérieusement menacées.70 directeurs médicaux de l’AP-HPdans une tribune publiée par « Le Monde »

« Trop peu de recrutements de soignants sont en vue pour espérer un retour à la normale », préviennent les directeurs médicaux. Aux « centaines de postes » budgétisés mais non pourvus s’ajoute la fuite, « plus grave encore », d’infirmiers, d’aides-soignants ou de kinésithérapeutes, entraînant de facto « une surcharge de travail » et « un épuisement » des équipes restantes. En cause, notamment, la « non-revalorisation salariale » des soignants « depuis plusieurs années » et des rémunérations « particulièrement » inadaptées au coût de la vie en région parisienne.

De même, « la fuite des médecins des hôpitaux universitaires met en péril la formation de toute la profession » et « le niveau de la santé en France », s’inquiètent les signataires.

Des « mesures d’urgences » pour éviter « le pire »

Après des années de pression budgétaire et de « réduction progressive des effectifs », ces directeurs médicaux appellent à « réviser à la hausse » l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (l’Ondam, qui sert à limiter leur augmentation naturelle) pour éviter « le pire » demain. Mardi, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui promet un « plan de soutien » courant novembre, a indiqué que des « discussions » étaient « en cours » sur le niveau de l’Ondam.

D’autres « mesures d’urgence » s’imposent, selon les directeurs médicaux qui ont écrit cette tribune. Les signataires évoquent une revalorisation du « salaire des personnels paramédicaux, infirmiers en premier lieu, et des médecins », ou un accès aux logements facilité « à proximité » des hôpitaux. Plus largement, ils appellent à « une refonte complète » du financement de l’hôpital.

Une « grande manifestation » est prévue jeudi à Paris par les syndicats et des collectifs, désireux d’étendre à tout l’hôpital la grève en cours depuis sept mois aux urgences. 

Source : francetvinfo.fr