Pour tenter de faire rentrer de l’argent dans les caisses, pourquoi ne pas en finir avec cet objet dispendieux, d’un luxe obscène : l’avion présidentiel ? Vendre cet avion : l’idée est excellente ! Sauf si elle contribuait au contraire à appauvrir l’Etat..

 L’état est pauvre ? Vendons l’avion présidentiel !

Pour tenter de faire rentrer de l’argent dans les caisses, pourquoi ne pas en finir avec cet objet dispendieux, d’un luxe obscène : l’avion présidentiel ? Vendre cet avion : l’idée est excellente ! Sauf si elle contribuait au contraire à appauvrir l’Etat..

L’histoire que raconte le New York Times à ce sujet est l’un des plus beaux superfails de gestion étatique. Et elle ne se passe pas en France, mais au Mexique.

Il était une fois au Mexique, un président nouvellement élu, Manuel Lopez Obrador, trouvant que l’avion acquis par l’un de ses prédécesseurs était un symbole absolument indécent. D’où une promesse de campagne frappée au coin du bon sens : Lopez Obrador jura qu’une fois élu, il vendrait ce Boeing 787. Cet avion était doté d’un lit grand comme un terrain de foot, et d’une salle de gym – puisque le terrain de foot était occupé par le lit-. Très bonne idée, vendre le zinc ! Mais enfin, juste une remarque : à qui ? Parce qu’en ce moment, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les avions, c’est à peu près aussi demandé que les sapins à la mairie de Bordeaux.

Qu’à cela ne tienne, le président Obrador a décidé de faire une loterie pour faire gagner l’avion à l’un de ses citoyens. Vous imaginez, vous êtes un Mexicain moyen, vous avez votre maison, un bout de jardin, et puis un beau jour, vous gagnez le Boeing présidentiel et vous n’avez plus qu’à garer le Boeing présidentiel entre le trampoline et le barbecue au fond du jardin. Ah bon, vous n’imaginez pas ? Eh bien les Mexicains sont comme vous. Cette idée était évidemment une idée absurde… D’où la situation un peu embarrassante de Manuel Lopez Obrador : comment faire pour tenir cette promesse présidentielle…

Il a bien été question d’offrir l’avion à un Mexicain avec deux ans de maintenance, soit 1,7 million dollars, mais l’idée est apparue comme abyssalement absurde. D’où le nouveau plan : faire une tombola permettant de payer la maintenance de l’avion en attendant que l’on vendu ce fichu Boeing, tout en donnant le surplus des gains au système de santé mexicain…. Une idée excellente, sauf que les Mexicains ne se sont pas rués sur ces tickets, obligeant l’état mexicain à acheter pour 24 millions de dollars de tickets, pour éviter que le président ne perde la face. En somme, pour enrichir l’état, le président mexicain a décide de l’appauvrir. Si Chirac était là, il aurait pu prévenir Obrador que les ennuis volent en escadrille…

France Culture