L’énigme de la formation des gisements d’or enfin percée ?

Jusqu’ici, les géologues peinaient à expliquer le mécanisme chimique à l’origine de la formation des gisements d’or. Mais des chercheurs français viennent probablement de percer ce vieux mystère…

mine or

L’un des vieux mystères de la géologie aurait-il été résolu ? C’est en tout cas ce que suggèrent des résultats obtenus par une équipe de  chercheurs français, dirigée par le géoscientifique Gleb S. Pokrovski (Université de Toulouse, France).

Et pour cause, puisque ces travaux permettraient d’expliquer enfin le phénomène chimique qui permet à l’or d’être extrait par les fluides qui circulent dans les roches où il est présent en très faibles quantités, puis transporté et déposé en un lieu bien précis où sa quantité augmente alors significativement, donnant alors naissance à un gisement. Un phénomène qui demeurait jusqu’ici largement inexpliqué.

Pour comprendre pourquoi ce phénomène demeurait jusqu’ici mystérieux, il faut d’abord rappeler que l’or est l’un des métaux les plus rares sur Terre, avec une teneur d’un milligramme par tonne de roche seulement. En d’autres termes, il est généralement présent dans les roches à des concentrations extrêmement faibles, excepté dans les gisements où sa concentration est 1 000 à 1 000 000 de fois supérieure à sa teneur moyenne dans les roches terrestres.

Autre paramètre à prendre en compte pour bien comprendre : l’or est le métal le plus inerte connu à ce jour. Autrement dit, l’or est difficilement transportable par les fluides géologiques.

Dès lors, comment expliquer que l’or, qui d’une part n’est donc présent qu’en de très faibles quantités dans les roches terrestres, et d’autre part est difficilement transportable par les fluides qui circulent dans ces roches, peut pourtant être extrait de ses roches d’origine, puis circuler et s’accumuler en certains lieux pour former les gisements que nous connaissons ? Tel est le mystère auquel les géologues se heurtaient jusqu’ici, et que ce nouveau résultat vient très probablement de percer.

En effet, les travaux menés par Gleb S. Pokrovski et ses collègues révèlent qu’une forme de soufre présente dans les fluides géologiques, l’ion trisulfure S3-, est capable tout à la fois d’extraire efficacement l’or présent dans les roches en s’attachant très fortement à lui, puis de le faire circuler et de le déposer tout aussi efficacement dans les gisements aurifères.

Jusqu’ici, le sulfure (provenant du sulfure d’hydrogène H2S) et le chlorure (provenant de sels, comme NaCl ou KCl) étaient considérés comme les seuls composés capables de faciliter le transport de l’or, mais leurs performances en la matière restaient très médiocres.

En d’autres termes, l’ion trisulfure S3- serait probablement l’acteur-clé permettant à l’or de circuler aisément dans les roches terrestres, et de s’accumuler en certaines zones bien précises pour former des gisements.

Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs français ont analysé en laboratoire le comportement de fluides « modèles » riches en soufre, et ce à des compositions et conditions analogues à celles prévalant dans la croûte terrestre (températures jusqu’à 500 °C, pressions équivalant à une profondeur de 7 km environ…).

Ce résultat a été publié le 12 octobre 2015 dans la revue Proceedings of National Academy of Science (PNAS), sous le titre « Sulfur radical species form gold deposits on Earth »

Source : journaldelascience.fr