Le journaliste Bob Woodward, à l’origine des révélations du Watergate, publie dans son nouveau livre ses entretiens téléphoniques avec le président américain, qui reconnaissait dès mars le « danger » du virus.

Joe Biden, candidat démocrate à l'élection présidentielle américaine du 3 novembre, a accusé mercredi 9 septembre son rival Donald Trump d'avoir menti et trahi les Américains à propos du coronavirus, qui a fait plus de 190 000 morts aux Etats-Unis.

Selon des transcriptions d'interviews accordées à Bob Woodward par Donald Trump en février, dans le cadre d'un nouveau livre préparé par le célèbre journaliste, le président américain connaissait déjà à cette époque le haut degré de contagiosité et de mortalité du nouveau coronavirus, mais il en a minimisé le danger pour éviter de semer la panique.

Le danger était connu 

"Il savait et il a minimisé les choses à dessein. Pire, il a menti au peuple américain", a réagi Joe Biden lors d'un déplacement dans le Michigan, l'un des Etats stratégiques de l'élection à venir, siège de l'industrie automobile américaine.

"Alors que cette maladie mortelle se répandait dans notre pays, il n'a pas fait son travail"

"Alors que cette maladie mortelle se répandait dans notre pays, il n'a pas fait son travail", a accusé l'ancien vice-président de Barack Obama. "C'est un abandon de ses devoirs, c'est une honte", a-t-il asséné.

Dans une interview accordée le 19 mars à Bob Woodward, Donald Trump dit avoir "toujours voulu minimiser" l'épidémie. "Je continue à la minimiser car je ne veux pas semer la panique", ajoute-t-il.

Donald Trump knew.

He lied to us for months.

And while a deadly disease ripped through our nation, he failed to do his job — on purpose.

It was a life or death betrayal of the American people. https://t.co/WDmVUvmmJk

— Joe Biden (@JoeBiden) September 9, 2020

Interrogée à ce sujet mercredi 9 septembre, la porte-parole de la Maison blanche Kayleigh McEnamy a déclaré que Donald Trump n'avait "jamais minimisé le virus".

Le président lui-même a défendu sa gestion de la pandémie. "Le fait est que je suis un 'cheerleader' pour ce pays. J'adore notre pays et je ne veux pas que les gens soient effrayés", a-t-il dit lors d'un événement à la Maison blanche. "Nous avons tout fait selon les règles", a-t-il ajouté.

"Il passe dans l'air"

Dans ces interviews, dont rendent compte CNN et le Washington Post, Donald Trump savait dès le début du mois de février que le nouveau coronavirus SARS-CoV-2 était particulièrement contagieux et mortel.

In new tapes, President Trump admits to Bob Woodward he concealed critical details he knew about the coronavirus. « I wanted to always play it down. » https://t.co/eICaAx70mY pic.twitter.com/zXNOZtIBx7

— CNN Newsroom (@CNNnewsroom) September 9, 2020

"Il passe dans l'air", dit-il à Bob Woodward le 7 février. "C'est toujours plus dur que par le toucher. On n'est pas obligé de toucher les choses, n'est-ce pas ? Mais l'air, on respire simplement de l'air et c'est comment ça qu'il se transmet."

"C'est donc (un virus) très vicieux. Il est bien plus mortel que les fortes grippes."

"C'est donc (un virus) très vicieux. Il est bien plus mortel que les fortes grippes." Une semaine après cette interview, Donald Trump déclarait lors d'un point de presse à la Maison blanche que "le nombre de cas de contamination par le coronavirus aux Etats-Unis (allait) retomber quasiment à zéro dans les jours à venir".

Bob Woodward a réalisé 18 entretiens avec Donald Trump en prévision de son nouveau livre, "Rage", qui sort le 15 septembre.

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