En Inde, une fillette vivait avec plus de 100 œufs de vers ténia dans le cerveau

C’est une histoire à donner de frissons, rapportée par le Times of India. Âmes sensibles s’abstenir !
En Inde, une fillette vivait avec plus de 100 œufs de vers ténia dans le cerveau
Dans le nord de l’Inde, à Gurugram, une fillette de 8 ans appelée Trushika souffrait depuis environ 6 mois de graves maux de tête et était victime de crises d’épilepsie de plus en plus répétées. Face à la gravité de ses symptômes qu’ils ne pouvaient expliquer, ses parents l’ont emmenée à l’hôpital.

Sur place, les médecins ont diagnostiqué à Trushika des kystes dans le cerveau et lui ont prescrit un traitement à base de stéroïdes pour la soigner. Ce traitement très lourd a fait prendre à la fillette une vingtaine de kilos : pesant initialement 40 kg, elle en pesait 60 avec les stéroïdes.
Des œufs de ténia dans le cerveau

Mais ses symptômes ont continué à s’aggraver. Toujours en proie à de fortes migraines et à des crises d’épilepsie, la petite fille souffre alors également d’essoufflement et a du mal à marcher.

En dernier recours, les médecins lui ont alors fait passer un scanner et ont détecté une infection parasitaire dramatique. « Le scanner du cerveau de la petite a montré plus d’une centaine de points blancs formés par des œufs de ténia », a déclaré au Times of India le Dr Praveen Gupta, directeur du département de neurologie de l’hôpital Artemis. « Lorsque les œufs atteignent le cerveau à travers le système nerveux, ils provoquent une neurocysticercose caractérisée par des céphalées sévères (fortes migraines, NDLR), des crises d’épilepsie et une confusion. »

Une cysticercose à l’IRM, sa ressemble à quoi ? http://t.co/gnFWfhVEw2 #radiology #medicine pic.twitter.com/kKySZ3N1mE
— Vis-Ta-Mine (@Vis_tamine) 29 décembre 2013

On a d’abord administré à Trushika des décongestionnants afin de réduire le gonflement de son cerveau, puis un traitement anthelminthique pour détruire les vers parasites. Après un nouveau recours aux stéroïdes, la fillette est complètement guérie : elle n’a plus de migraines ni de crises d’épilepsie, peut remarcher et a repris le chemin de l’école.
Une maladie pas si rare

Aussi grave et impressionnante soit la maladie dont souffrait la petite Trushika, elle est loin d’être rare dans les pays en développement. En effet, la neurocysticercose est une maladie tropicale causée par Tænia solium, un vers ténia transmis par le porc. Également connu sous le nom de ver solitaire, Tænia solium est un ver parasite qui se développe dans l’intestin après que l’on a ingéré du porc non-cuit ou quand on est en contact d’eaux usées.

Hermaphrodite et plat, il peut mesurer jusqu’à 10 mètres de long. Composé d’anneaux rectangulaires, il contient de nombreux œufs qui éclosent dans l’intestin, où ils peuvent ensuite se propager au cerveau, mais aussi dans les muscles et les tissus sous-cutanés.Le diagnostic de la neurocysticercose est souvent difficile à établir car il n’y a pas de symptômes cliniques spécifiques.

Cysticercose (vraiment) généralisée. Larves de Tenia solium dans le cerveau et les muscles https://t.co/3YbDlhTUKl via @NEJM #parasitologie pic.twitter.com/sgJ6btFmOg
— Marc Gozlan (@MarcGozlan) 31 décembre 2016

En 2015, un étudiant américain a aussi été diagnostiqué comme souffrant de cette maladie. Après plusieurs examens, les médecins ont découvert dans son cerveau un ver mesurant 1,5 millimètre, retiré grâce à une opération. L’année précédente, c’était au tour d’un Britannique d’origine chinoise de souffrir de violents maux de tête. Son IRM cérébrale a révélé la présence dans son cerveau d’une larve vivante de Spirometra erinaceieuropaei, un ver plat proche du ténia. Mesurant une dizaine de centimètres, elle y avait élu domicile depuis plusieurs d’années.

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