DSK visé par une enquête pour escroquerie : tout comprendre de l’affaire LSK

Les investigations portent sur LSK, l’ancienne société d’investissement luxembourgeoise en faillite présidée par Dominique Strauss-Kahn. Une affaire aux enjeux « énormes », selon France Inter.

DSK visé par une enquête pour escroquerie : tout comprendre de l'affaire LSK

Le nom de DSK apparaît dans une nouvelle procédure judiciaire. Le parquet de Paris a ouvert le 28 juillet une enquête préliminaire contre Dominique Strauss-Kahn pour escroquerie et abus de biens sociaux en lien avec son ancienne société d’investissement en faillite LSK.

Voici les points-clés de cette affaire aux enjeux « énormes », dixit France Inter qui consacre, ce vendredi 16 octobre, une enquête à ce rebondissement judiciaire, en partenariat avec « Le Parisien Magazine ».

# Le suicide de Thierry Leyne

Les déboires de LSK – Leyne, Strauss-Kahn & Partners – ont éclaté au grand jour fin octobre 2014 après le suicide, à Tel Aviv, de son fondateur, le le businessman franco-israélien Thierry Leyne. Quelques jours avant sa mort, DSK avait démissionné de la présidence de LSK.

# LSK, une société « à la gestion douteuse »

Au cœur de l’affaire, donc, la société d’investissement luxembourgeoise LSK, présidée jusqu’en octobre par DSK. Sa situation financière s’aggravant, LSK décide, en novembre 2014, de se déclarer en cessation de paiements.

En fait, les problèmes étaient bien antérieurs à cette date, révèlent France Inter et « Le Parisien Magazine ». « DSK a pris la tête d’un groupe à la gestion douteuse », lit-on dans leur enquête. « A l’été 2013, soit un mois avant son arrivée, LSK affichait déjà une perte de 13 millions d’euros ».

En décembre 2014, « l’Obs » consacrait déjà une longue enquête à cet « empire de carton-pâte », et à Assya, sa principale filiale « aux méthodes peu orthodoxes ».

« Assya Luxembourg a du mal à payer ses notes de téléphone, d’électricité, de fournitures de bureau… Les salaires seront bientôt versés avec du retard. Quant aux dossiers clients, beaucoup sont incomplets, rangés dans des dossiers papiers, alors que tout devrait être informatisé », rapporte France Inter et « Le Parisien Magazine » ce vendredi.

« Plutôt que de placer l’argent des clients sur le marché, Assya Luxembourg outrepasse ses mandats de gestion et l’investit en partie dans des actions ‘maisons’. En clair : elle rachète les titres de ses filiales pour en faire monter artificiellement le cours », selon l’enquête des journalistes.

# Deux plaintes

Le 30 juin dernier, l’homme d’affaires français Jean-François Ott porte plainte contre LSK, affirmant avoir perdu les 500 000 euros qu’il avait investis dans le groupe.

Depuis, une seconde plainte a été déposée par un ex-banquier macédonien, précise France Inter.

# Une enquête ouverte

A la suite de la plainte de Jean-François Ott, le parquet de Paris a donc ouvert, le 28 juillet dernier, une enquête préliminaire contre DSK pour escroquerie et abus de biens sociaux en lien avec LSK, comme le révèlent France Inter et « Le Parisien Magazine ».

Une des premières tâches des enquêteurs devrait être d’entendre le plaignant, Jean-François Ott, pour lui faire préciser les termes de sa plainte, a confié une source judiciaire à l’AFP. Se posent en effet des questions de compétence du tribunal de grande instance de Paris, les infractions présumées visées ayant au moins pour partie été commises à l’étranger.

# 100 millions d’euros dilapidés

« La première question que devra se poser la brigade financière de la Police Judiciaire de Paris, qui a été saisie de l’affaire, est : comment ont été dilapidés les 100 millions d’euros aujourd’hui réclamés par 156 créanciers de multiples nationalités ? », peut-on lire sur le site de France Inter.

# La défense de DSK

Dominique Strauss-Kahn « n’a jamais exercé aucune fonction opérationnelle. La direction de l’entreprise était assurée par Thierry Leyne », a indiqué Jean Veil, l’avocat de l’ex-ministre, dans un courrier au parquet de Paris cité par France Inter.

Selon son défenseur, DSK aurait été floué :

Sa signature figure sur plusieurs procès-verbaux de conseils d’administrations de LSK auquel il n’a jamais participé », avance Jean Veil.

Source : Le Novel Obs