Des électeurs LFI de plus en plus séduits par le RN

Près de 58% des électeurs de la France insoumise (LFI) pensent désormais que le Rassemblement national (RN) est un parti comme les autres, selon un sondage Odoxa pour Franceinfo et Le Figaro.
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Un phénomène nouveau. Mardi, Andréa Kotarac, conseiller régional LFI de la région Auvergne-Rhône-Alpes, annonçait sur notre antenne quitter le parti de Jean-Luc Mélenchon et révélait qu’il voterait pour la liste Rassemblement national menée par Jordan Bardella aux élections européennes du 26 mai prochain.

Un revirement qui semble augurer une tendance inédite chez les Insoumis, de plus en plus séduits par le parti de Marine Le Pen. Ainsi, selon un sondage Odoxa Dentsu Consulting pour Franceinfo et Le Figaro, 58% des électeurs insoumis pensent que le RN doit être considéré comme un parti comme les autres, contre 18% au lendemain des élections régionales de 2015. En outre, 36% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon ont une « bonne opinion du RN », contre seulement 5% en 2015.

Cette ouverture des électeurs d’extrême gauche se confirme également par la place grandissante qu’occupent des figures d’extrême droite dans les préférences des Insoumis. Selon le dernière baromètre de l’action politique Ipsos/Le Point de mai 2019, Nicolas Dupont-Aignan obtient 20% d’opinions favorables de la part des sympathisants LFI/PCF, une augmentation de 10 points par rapport au mois d’avril, et Marine Le Pen 17%, soit une hausse de 3 points.
La « théorie du fer à cheval »

Ce phénomène peut s’expliquer par plusieurs facteurs selon notre éditorialiste Christophe Barbier. « Il existe tout d’abord un effet vote utile. Il s’agit de donner une claque à Emmanuel Macron. Les électeurs regardent les sondages et voient que c’est plus efficace en votant RN qu’en votant LFI », indique-t-il.

« Il y a également un effet gilets jaunes. Tous ces extrêmes se sont rassemblés, se sont mélangés sur les ronds-points. Enfin, entre en jeu le travail de dédiabolisation du RN qui a abandonné les choses les plus spectaculaires et les plus répulsives pour apparaître comme le parti du peuple, de ceux qui veulent combattre les élites », complète Christophe Barbier.

Même s’il existe très peu de points communs dans les programmes et les projets des deux partis, la « théorie du fer à cheval », selon laquelle les extrêmes se rejoignent, semble aujourd’hui prendre de plus en plus forme.

Source : BFMTV