Canicule : « Il faudra s’habituer, voire se préparer à des chaleurs plus fortes encore »

La fournaise n’en finit pas de s’étendre en France et cinq départements supplémentaires ont été placés en vigilance orange canicule, dimanche. Invité d’Europe 1, le météorologue et climatologue Robert Vautard a expliqué pourquoi il faut désormais s’habituer à ces vagues de chaleur (voire se préparer à pire), qui n’épargnent personne et ne font plus de distinction entre le nord et le sud.

La canicule continue de s’étendre. Cinq départements supplémentaires ont été placés, dimanche, en vigilance orange canicule. Au total, 54 départements sont en alerte orange et 15 en rouge. Un épisode caniculaire de près d’une semaine qui, s’il n’est pas aussi étendu que celui de 2003, demeure toutefois « parmi les plus longs », affirme Robert Vautard, météorologue et climatologue, invité d’Europe 1.

S’habituer, voire se préparer à pire

« Malheureusement, il va falloir s’y habituer », pose le climatologue, directeur de l’institut Pierre Simon Laplace, spécialisé en sciences du climat. « Le climat des dix prochaines années est déjà tracé avec les émissions de gaz à effet de serre déjà émises et qui ne repartiront pas d’ici une vingtaine d’années », explique-t-il, répétant qu’il faudra donc s’habituer à de telles chaleurs, voire à « se préparer à des vagues de chaleur plus fortes encore ».

En effet, ajoute Robert Vautard, « on estime que si, aujourd’hui le dépassement des 40°C revient d’année en année, au milieu du siècle il faut s’attendre à ce qu’ils soient atteints tous les ans, voire dépassés ».

Plus de distinction nord/sud, la canicule touche tout le monde

Par ailleurs, la distinction nord/sud, plaine/montagne semble ne plus exister. Aujourd’hui, tout le monde est touché par la canicule. « C’est un phénomène de grande échelle », acquiesce le météorologue. La vague de chaleur que la France connait actuellement a en effet pour origine « des masses d’air provenant de partout, particulièrement de l’est », explique Robert Vautard. « On s’aperçoit qu’elles n’ont parcouru que 1.000 kilomètres en cinq jours, donc elles ont eu le temps de s’accumuler, de se répartir partout sur le territoire (voire le continent, l’Europe de l’Ouest et notamment le Benelux étant touché, NDLR) ». Une répartition qui s’opère sans distinction.

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