Biologie. Pour la faune, les humains pires que les radiations ?

Une étude montre que l’absence d’êtres humains dans la zone d’exclusion autour de l’ancienne centrale nucléaire de Tchernobyl a permis aux animaux sauvages de proliférer. Ces résultats sont cependant controversés.

wild boar valeriy yurko

“La faune sauvage est abondante autour du site de la centrale nucléaire de Tchernobyl [en Ukraine], en dépit de la présence de radiations émises par l’explosion nucléaire la plus catastrophique au monde, il y a près de trente ans”, écrit The Guardian.

Le quotidien britannique reprend ainsi une étude scientifique parue lundi 5 octobre sur le site de la revue Current Biology (inaccessible mardi 6). “Les scientifiques rapportent qu’il n’y a ‘aucune preuve d’un effet négatif des radiations sur l’abondance de mammifères’”, développe Science. Selon eux, la présence d’être humains serait plus néfaste sur le long terme.

La nature fleurit de nouveau

“Quand les humains sont déplacés [hors de la zone inhabitable autour de la centrale], la nature fleurit, même après le pire accident nucléaire au monde”, indique à Science Jim Smith, chercheur en Environnement à l’université de Portsmouth au Royaume-Uni, et l’un des coauteurs de l’étude. “Mais certains scientifiques affirment que l’étude passe sous silence des résultats montrant que la contamination radioactive a eu des effets dommageables sur les animaux à l’échelle individuelle”, poursuit le magazine scientifique.

“Nous ne disons pas que les radiations sont bonnes pour les animaux, mais nous disons que la présence humaine est pire”, rapporte Science, qui reprend les propos de Jim Smith lors d’une conférence de presse.

Les travaux des chercheurs reposent sur des données récoltées il y a plusieurs années en Biélorussie. Entre 2008 et 2010, des chercheurs biélorusses ont compté le nombre de traces d’animaux dans la neige dans la zone d’exclusion du secteur biélorusse. “Ils ont également compté le nombre d’animaux par hélicoptère au cours des dix ans qui ont suivi la catastrophe”, rapporte Science.

L’analyse de ces données ne montre pas de corrélation entre les taux de radioactivité et le décompte des traces d’animaux. La question est loin de faire concensus. Les travaux d’Anders Møllers, de l’université Paris-Sud (Orsay), qu’il a menés en 2009 du côté ukrainien de la zone d’exclusion, montraient au contraire que la quantité de mammifères décroissaient alors que le taux de radiation augmentait.

Source : courrierinternational.com